Edition 2011 "Croissance: exploit ou exploitation?"

Le processus de globalisation actuel est fortement déterminé par une idéologie de croissance économique infinie basée sur un mode de vie dicté par la consommation de produits et de services. Ce modèle de société a aujourd’hui clairement atteint ses limites naturelles et socio-économiques. Pour satisfaire à ses exigences, l’humanité a recours à une surexploitation des ressources naturelles et humaines. L’International Footprint Network estime que l’humanité exploite aujourd’hui environ 1,4 fois plus de ressources naturelles que la capacité de regénération de la terre. Il en résulte, entre autres, un changement climatique dangereux pour l’être humain doublé d’une injustice climatique – ce sont notamment les individus les plus démunis qui sont concernés en premier lieu par le changement climatique, alors qu’ils ne sont pas les principaux pollueurs.

Outre les dégâts environnementaux et climatiques, ce modèle de société conduit également à des injustices sociales. Il facilite le dumping social et la surexploitation des ressources humaines au sein des chaînes de production. De plus, il entraîne une accentuation de la distribution inégale des richesses aux niveaux individuel et étatique. Une mise en concurrence pousse les états à s’endetter et fait que les gouvernements se rendent de plus en plus dépendants des décideurs économiques et financiers. De cette façon, le modèle économique courant et le mode de vie consumériste jouent un rôle capital dans la paupérisation des pays dits en développement.

Sous les conditions évoquées ci-dessus le respect des droits humains et de la dignité humaine est irréalisable. Les valeurs sous-jacentes à l’économie mondiale et au mode de vie actuel doivent donc être reconsidérées. Le développement durable prône l’équité des variables économiques, sociales et écologiques. Toutefois, dans les produits et les processus actuels, le pilier économique l’emporte largement sur les deux autres piliers. Aujourd’hui le bonheur d’un peuple est très souvent exprimé en PNB et le bonheur d’un individu en biens matériaux et volume de capital. Etant donné les conséquences désastreuses du système actuel, il est temps de songer à séparer la notion de qualité de vie de la simple croissance économique et de biens matériaux. Il faut que l’économie se remette au service de l’humanité et ne soit plus considérée comme une réalité absolue.

Films 2011:

Prêt à jeter

Planète à vendre

Global Sushi

Vers le Sud

Uranium, héritage empoisonné

Green et Hope in a changing climate

Schmutzige Schokolade

Peepli Live

Sweet Crude

Severn (Soirée de Cloture)