OMD 3 : PROMOUVOIR L’EGALITE DES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES

Article paru dans le Luxemburger Wort le 13 septembre 2010

Un pilier incontestable du développement

La promotion de l’égalité des sexes est au cœur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) établis par les Nations unies. Sans cette égalité – principe fondamental des droits humains – nous ne pourrons vaincre ni la faim, ni les violences, les abus et inégalités à l’égard des femmes, ni la pauvreté, ni les maladies.
Pourtant, à ce jour la plupart des personnes vivant dans la pauvreté au niveau mondial sont des femmes. Selon les Nations unies plus de 70% des femmes sont touchées. Les effets de cette réalité sur le monde entier sont sous-estimés tout comme le rôle essentiel des femmes dans la réussite économique d’un pays et leur rôle en tant que vecteurs de progrès social et d’avancées en matière de droits humains pour tous. La pauvreté ne se réfère pas uniquement au manque de salaire, mais aussi au manque de sécurité, de prise de parole, de vote et de choix.

Selon l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, les femmes produisent 60% à 80% de la nourriture dans les pays en voie de développement, mais elles ne possèdent qu’1% des terres à cause des lois discriminatoires leur refusant le droit à la propriété. De plus, les femmes effectuent deux tiers du travail total réalisé au monde, mais elles ne gagnent que 10% du revenu mondial. Sans oublier les tâches domestiques, ni reconnues ni rémunérées, qui pèsent lourdement sur les femmes et les filles: elles consacrent beaucoup de temps à transporter de l’eau et du bois pour l’entretien du foyer, elles travaillent dans les champs, elles gèrent le ménage, elles s’occupent des enfants et des malades. A ces responsabilités s’ajoute le fait que beaucoup de femmes travaillent dans le secteur informel souvent dans des conditions inadéquates avec un salaire inadapté et sans protection sociale. Selon le rapport d’Amnesty International « Le piège du genre », en Afrique, par exemple, 84% des emplois, en dehors du secteur agricole, occupés par des femmes sont informels. Tant d’injustices et d’inégalités que subissent les femmes dans différents pays alors que les lois et normes internationales leur exigent la protection et le respect des droits humains.

Trois quarts des analphabètes sont des femmes

Enfin, il est prouvé que les femmes instruites ont plus de chance d’acquérir une indépendance financière, une meilleure hygiène de vie et qu’elles favorisent la scolarisation de leurs enfants. Cependant, trois quarts des analphabètes au monde sont des femmes, car souvent l’instruction des garçons est jugée plus importante.

La croissance économique – certainement importante – n’est pas le facteur unique à considérer pour promouvoir l’égalité des sexes. Souvent il n’y a qu’une minorité de la population d’un pays qui profite vraiment de la croissance économique tandis que la majorité ne sort pas du cercle vicieux de la pauvreté. Il faut plutôt remettre en cause les convictions culturelles et sociales perpétuant la discrimination et l’infériorité de la femme et faire en sorte que des lois appropriées soient créées et que celles qui existent soient connues des populations et appliquées de façon rigoureuse par les gouvernements.

Les femmes ne sont pas des victimes passives. Lorsqu’elles connaissent leurs droits, elles peuvent agir en tant que citoyennes actives, en clamant et défendant leurs droits, en s’organisant  afin d’œuvrer pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de la situation de leurs familles et communautés.

Des cas concrets de femmes se battant avec succès pour leurs droits donnent l’espoir que l’égalité des sexes devienne une réalité dans un futur proche. Pourtant ceci n’est possible qu’avec une meilleure prise de conscience des sociétés et des gouvernements par rapport
aux discriminations envers les femmes. Dans cette perspective, la question de l’égalité des sexes et du genre se révèle être un facteur essentiel pour un développement durable et elle devrait être prise en compte comme un indicateur transversal à tous les OMD. Il reste un long chemin à parcourir pour que toutes les femmes vivent dignement sans craindre d’être privées de leurs droits fondamentaux, mais avec une vraie volonté politique nous pouvons y arriver!

Aide à l’Enfance de l’Inde et Frères des Hommes

Cet article a été publié dans Articles dans le Luxemburger Wort, Presse. Ajoutez ce permalien à vos favoris.