OMD 3: Quand les femmes prennent leur destin en main (Frères des Hommes et Aide à l’infance de l’Inde)

Article paru dans le Luxemburger Wort le 13 septembre 2010

Restauratrice de rues, un métier d’économie solidaire soutenu par Frères des Hommes (FDH)

Au Sénégal, un des pays-cibles du programme 2009-2011 de Frères des Hommes travaille  avec un acteur local, Enda Sahel et Afrique de l’Ouest, afin de renforcer les actrices de la  restauration de rue et pour une meilleure prise en compte de ce secteur dans les politiques  publiques locales et nationales.

Avec l’objectif de promouvoir ces initiatives et de les faire reconnaître par les autorités, 300  femmes  de trois communes de l’agglomération dakaroise vont acquérir des connaissances et des compétences en pratiques d’hygiène, en comptabilité et en nutrition. L’amélioration de  leurs pratiques se fera essentiellement sur base de formations sur les thématiques citées avec l’accompagnement de notre partenaire. Dans la perspective d’autonomisation des femmes, une place importante est également accordée aux formations d’alphabétisation et de plaidoyer politique pour qu’elles puissent mieux défendre leur cause devant les autorités locales afin que leurs demandes soient prises en compte et la valeur de leur travail reconnue.

Bien que la restauration de rue soit un secteur en plein essor à Dakar et constitue une  importante source de revenus pour de nombreuses femmes et leurs familles tant au Sénégal  que dans d’autres pays en développement,  ce secteur est souvent négligé, voire  brimé, par  les autorités. Or, selon une récente étude menée par Enda Sahel et Afrique de l’Ouest, sur le  plan économique, la restauration de rue apporte une large contribution au pays en termes de  recettes, ainsi qu’en termes de création d’emploi.

La majorité des projets menés au Sud par Frères des Hommes, ONG fondée en 1974 au  Luxembourg, attribue une place particulière aux groupements et organisations de femmes, car Frères des Hommes considère qu’elles sont un pilier essentiel pour parvenir à un développement plus juste et durable de notre société.

Sonia De Abreu

http://www.fdh.lu

Exemple de Sakhiree, qui s’engage pour la condition femenine

Depuis 1967,  Aide à l’Enfance de l’Inde (AEI) soutient des organisations indiennes et  népalaises dans leur lutte pour soutenir les plus démunis de la société, notamment les filles et les femmes qui y ont un statut inférieur aux hommes. Depuis 2006, AEI appuie Sakhiree, une ONG indienne, qui lutte pour l’amélioration de la condition féminine.

Sakhiree a choisi de traiter le problème de la violence domestique à l’égard des femmes en  commençant par former des groupes de femmes qui par la suite seraient responsables de  détecter les violences subies par les villageoises.

Une première étape est d’ informer les victimes de leurs droits et de les conseiller. Souvent  l’arrangement se fait à l’amiable entre victimes et agresseurs, encadrés par les groupes et les agents de police. Les cas les plus délicats sont dirigés vers et résolus au tribunal.

Le combat contre la violence n’est pas le seul souci de ces femmes issues de milieux  souvent très pauvres; il faut aussi améliorer leur situation sociale et économique. Sur base d’un système d’épargne-prêts les femmes ont commencé des plans d’épargne collective et ont également pu se faire octroyer de petits prêts destinés à lancer une activité lucrative.

Pour un changement long terme de la situation des femmes, il faut aussi sensibiliser les  hommes. C’est pourquoi des campagnes de sensibilisation et des ateliers sont organisés par Sakhiree pour essayer de convaincre les autorités locales ainsi que les maris d’accepter que  les femmes aient un statut identique au leur.  Des ateliers sur la santé en général, et le sida et l’alcool en particulier, ont réuni aussi bien des femmes que des hommes, pour garantir la santé de chacun.

L’exemple du programme mené par Sakhiree fait preuve que, malgré les discriminations et  les violences subies par de nombreuses femmes en Inde et au Népal, elles s’engagent  activement pour améliorer leur situation. Mais beaucoup d’efforts dans cette même direction  seront encore nécessaires pour effectivement atteindre l’OMD 3.

Aide à l’Enfance de l’Inde

http://www.aei-ong.lu

Dans le cadre du « Cinéma du Sud », AEI et FDH présenteront les courts-métrages «Shortcut to justice » et « Villa Flores », dédiés aux initiatives courageuses et innovatrices menées par des femmes au Ciné Utopia, 12/10/2010 à 19h00.

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