OMD 7 : Préserver l’environnement

Article paru dans le Luxemburger Wort le 17 septembre 2010

Les populations pauvres sont les plus affectées par la dégradation de l’environnement

Les écosystèmes et la biodiversité sont les éléments fondamentaux dont dépendent notre existence et notre développement. La diversité biologique fournit des aliments, du bois, des fibres, du carburant, des médicaments et de l’eau douce, mais aussi des  services essentiels, comme la purification de l’eau, la qualité de l’air et des sols, la pollinisation, la lutte antiparasitaire, la régulation du climat, ainsi que la protection contre les inondations et les dangers naturels.

Nous dépendons tous des services naturels, mais ce sont généralement les populations pauvres qui sont les plus affectées par la dégradation de l’environnement et par la pénurie d’eau potable et de terres fertiles, qui mènent à un accroissement de la faim, des maladies et de la pauvreté.

L’OMD 7 vise à assurer un environnement durable et englobe un large éventail d’enjeux  environnementaux, y compris la biodiversité, la pollution de l’air, les forêts, le changement climatique, les réserves de poissons, l’eau potable, l’assainissement et l’amélioration des taudis. Le rapport 2009 sur les objectifs du Millénaire pour le développement souligne que les progrès doivent être accélérés dans plusieurs domaines, dont la préservation de nos ressources naturelles, à laquelle il faut accorder une plus grande priorité.

La perte de la forêt mondiale est estimée à 13 millions d’hectares par an. En plus de la perte de biodiversité, entre 18 et 25% d’émissions de gaz a effet de serre est causé tous les ans par la déforestation, qui devient ainsi un facteur principal dans le changement climatique. L’objectif de réduire l’appauvrissement de la biodiversité semble terriblement hors de portée, puisque les populations d’espèces ont diminué globalement de 30 % depuis 1970 (WWF, Rapport Planète Vivante 2008). Si cette tendance se maintient, le fonctionnement des écosystèmes vulnérables, ainsi que les services qu’ils fournissent, pourraient être gravement compromis, ce qui aura des conséquences dramatiques pour les sociétés humaines.

Les progrès concernant l’eau potable et les services d’assainissement ont été mitigés. Globalement, la cible de l’OMD sur l’eau est susceptible d’être atteinte, mais cela est largement dû à des progrès en Asie orientale. Si la tendance actuelle se poursuit, la cible en Afrique sub-saharienne ne sera pas atteinte avant 2108. Le manque d’assainissement et d’eau potable a des conséquences profondes sur la réalisation des objectifs liés à l’éducation, à la santé, à la nutrition et à l’égalité des sexes. Une eau de mauvaise qualité et un mauvais assainissement entraînent des coûts énormes ; cela provoque 28 % des décès d’enfants et la perte de 443 millions de jours d’école dans le monde chaque année.

Parmi les problèmes qui entravent les progrès, on compte notamment des investissements insuffisants des donateurs et des gouvernements nationaux, ainsi que le mauvais ciblage de l’aide vers les pays à faible revenu.

Les progrès permettant  de ralentir la croissance des bidonvilles ont eux aussi été mitigés. On  considère que seulement huit pays sont sur la bonne voie et que 50 pays sont loin du but.   Le changement climatique met sérieusement en péril la réalisation des OMD et pousse de plus  d’individus dans la pauvreté. La pénurie d’eau, l’insécurité alimentaire, la productivité agricole réduite, les inondations, la disparition de basses terres et d’îles, la désertification et la propagation de maladies à transmission vectorielle sont autant de problèmes prévisibles qui exerceront davantage de pression sur les personnes vivant déjà dans des situations vulnérables. Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique n’a pas donné lieu à un accord juridique contraignant juste et ambitieux, ce qui signifie que la menace économique, sociale et environnementale d’une catastrophe globale à long terme et les coûts nécessaires pour la prévenir croissent rapidement.

(Texte extrait de la Déclaration de CONCORD et BOND sur les OMDMars 2010)

OMD 7: Millenniumsziele und die real existierende Praxis der Konzerne (ASTM)

Gegenüber der real existierenden Praxis der großen  Konzerne erscheinen die Millenniumsziele wie frommes Palaver weltfremder Gutmenschen. Die Vereinten Nationen beziffern die Umweltschäden, die allein die 3000 größten Unternehmen der Welt durch  den Missbrauch natürlicher Ressourcen, durch Verschmutzung von Luft oder Gewässern sowie das Aussterben von Arten verantworten, auf 1,7 Billionen Euro pro Jahr. « Der Raubbau an der Natur durch die Wirtschaft setzt sich seit Jahren ungebremst fort. » So Achim Steiner, der  Umweltchef der Uno, anlässlich der Vorstellung der UN-Studie unter der Leitung des Inders  Pavan Sukhdev auf der ersten globalen Konferenz für Artenvielfalt und Biodiversität am 13. Juli 2010 in London. Er warf den größten Konzernen der Welt schwere Versäumnisse beim  Umweltschutz vor: « Das natürliche Kapital der Welt wird  im großen Stil vernichtet ». Wildnis, Arten, Lebensräume und Ökosysteme verschwänden in nie dagewesenem Tempo. Von 1100 internationalen Top-Managern fürchtet nur jeder Vierte, Artensterben und der Verlust ganzer Ökosysteme könnten das eigene Geschäft beeinträchtigen- so das Ergebnis der UN-Studie.

Den Grund für die weit verbreitete Ignoranz der Konzerne sehen die Vereinten Nationen in mangelnden Folgen für die Bilanz der Unternehmen: Die Nutzung des Ökosystems habe in vielen Bereichen keinen Marktpreis, sagte Steiner. ‘Kosten für Umweltschäden tragen Versicherer, die Bevölkerung und Steuerzahler.’ Die Vereinten Nationen fordern Regierungen weltweit deshalb zum Umdenken auf. Die Politik müsse den Schutz der  Ökosysteme neben dem Klimaschutz als zweites Umwelt-Politikfeld etablieren. Durch Abgaben und Steuern

müsse die Nutzung einen Preis bekommen, forderte Steiner weiter.

An vorderster Front im Kampf gegen die Umwelt : die Ölkonzerne

Die Liste der zehn umsatzstärksten Konzerne wird traditionell dominiert von Ölkonzernen, allen voran Exxon, gefolgt von BP, ChevronTexaco u.a. Ihre Quartalsgewinne bewegen sich kontinuierlich in Größenordnungen von Milliarden von Dollar. Dies ist nur möglich, weil ihr Anteil an den in der UN-Studie bezifferten Umweltschäden von 1,7 Billionen Dollar gar nicht als Kosten in ihre Bilanzen eingeht. Das Öl aus dem Bohrloch von BP im Golf von Mexiko steht für ihr generelles Verhalten, zum Beispiel in Amazonien : Im Regenwald von Ecuador hat ChevronTexaco in 30 Jahren Ölförderung Riesengewinne einkassiert und ein Desaster hinterlassen : Ein Drittel des Regenwaldes ist verschwunden. Aus verrosteten Pipelines tritt Rohöl aus, das krebserregende Kohlenwasserstoffe, Schwermetalle und radioaktive Elemente enthält und Gewässer und Böden verseucht. Mit dem Öl treten Methan und Schwefel-, Kohlen- und Stickoxide aus, die bei den Anwohnern zu Reizungen von Haut- und Atemwegen, Lungenkrebs und Missbildungen führen. Ebenso tritt sog. « Formationswasser » mit aus, das Texaco einfach in Hunderte nicht abgedichtete « piscinas » laufen ließ – Becken im Boden, die seit über 30 Jahren bei Regen einfach überlaufen und die Gewässer mit Zyankali, Salzen, Schwermetallen wie Blei, Arsen, Quecksilber und Vanadium und radioaktiven Elementen wie Strontium 90 und Radium 226 verseuchen; diese lagern sich in Algen, Fischen und trinkenden Wildtieren und gelangen so in die menschliche Nahrungskette. In der Erdölregion Ecuadors sterben dreimal mehr Menschen an Krebs und werden zweieinhalb mal soviel Babys tot geboren als in der Hauptstadt Quito. 30.000 Bewohner der Region haben sich zur Frente de Defensa de la Amazonia zusammengeschlossen und Texaco auf Wiederherstellung der Umwelt verklagt; sie führen den größten Umweltprozess im Süden der Welt gegen einen Ölkonzern, geschätzte Schadenssumme: 16 Milliarden Dollar.

Diese Erfahrungen mit der Ölförderung haben den Staat Ecuador veranlasst, der Welt einen revolutionären

Vorschlag zu machen : « Wir fördern kein Öl im Nationalpark Yasuni, wenn die internationale Gemeinschaft uns die Hälfte der entgangenen Gewinne erstattet. » Um diese wunderschöne Region und diesen Vorschlag geht es im Film « Yasuni – 2 seconds of Life ».

Le 7 octobre, ASTM présentera le documentaire « Yasuni – 2 seconds of life » (VO avec s.t anglais). Le Parc Naturel de Yasuni en Equateur compte l’une des plus  importantes biodiversités au monde. Sous son sol se trouvent 850 millions de barils de pétrole. Conscient des dommages qu’entraînerait cette extraction pétrolière aussi bien auprès de la population que de l’environnement, la proposition du gouvernement équatorien est de ne pas exploiter ces réserves, si en échange, le pays reçoit de la part de la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole.

Utopia, 7/10/2010 à 19h00

Dietmar Mirkes, ASTM – Action Solidarité Tiers Monde

http://www.astm.lu

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