OMD 8 : METTRE EN PLACE UN PARTENARIAT MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT

Article paru dans le Luxembourg Wort, le 18 septembre 2010

Nations Unies, forces unies ?

Un partenariat mondial pour le développement ou pour le statu quo ?

Du 20 au 22 septembre, les représentants de 192 Etats se rassembleront à New York au Sommet des Nations Unies au sujet des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) afin de se concerter sur les obstacles, défis et voies à emprunter en matière de développement. Pour en faire un succès, les Etats devront accorder aux OMD l’importance qu’ils méritent. Suivant ce raisonnement, la présence des chefs d’Etat serait sans doute souhaitable.

Les responsables du Sommet, tout  comme les représentants de la  société civile attribuent une  importance fondamentale au huitième et dernier des objectifs, qui porte sur la  Mise en place d’un partenariat mondial pour le développement. L’OMD 8 interpelle les pays développés sur leur responsabilité et reconnaît que les pays en développement ne pourront pas atteindre par eux-mêmes les objectifs 1 à 7. En ce sens, il comporte des mesures facilitant la mise en œuvre de ces derniers, tels que de nouveaux apports en matière d’aide, l’instauration de règles équitables de commerce et de finance, ainsi qu’un allègement de la dette publique des pays en développement.

L’OMD 8 émane tout directement de la logique et de la raison d’être même des Nations Unies. Horrifiée par l’ampleur des cruautés qu’a vécues l’humanité lors des guerres mondiales, la communauté internationale s’est mise ensemble pour signer en 1945 la Charte des Nations Unies, texte fondateur de l’institution. La Charte évoque comme un des ses buts principaux de « réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion ».

Entre-temps, le rythme de la globalisation s’est sensiblement accéléré et le monde est plus  interconnecté que jamais. Par conséquent, la solidarité internationale et  un mécanisme régulateur global, tel que les Nations Unies sont censées l’être, sont devenus aujourd’hui plus indispensables que pendant l’après-guerre. Malheureusement pourtant, le comportement des gouvernements est trop souvent déterminé par leurs propres intérêts économiques, financiers ou politiques, minant les efforts issus de la coopération internationale au développement. En effet les pays industrialisés ont jusqu’à nos jours des difficultés à tenir leurs promesses et la lutte contre la pauvreté semble rarement être aperçue comme une priorité politique. Le recul des aides  publiques au développement depuis le début de la crise financière, l’échec du sommet climatique de Copenhague en 2009, le maintien d’un protectionnisme économique par rapport au pays en développement sous forme de subsides agraires, en sont des exemples flagrants.

Malgré les bonnes intentions que semblaient révéler les Etats lors de la fondation des Nations Unies en 1945 et lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies en 2000, la situation des pauvres dans le monde ne s’est guère améliorée. En  entravant tout effort de développement, les règles injustes du système commercial et financier international font persister aujourd’hui les pays en développement et leurs populations dans la misère. Que faudra-t-il donc décider au Sommet à New York pour que les bonnes intentions soient suivies d’un réel progrès en terme de partenariat mondial pour la lutte contre la pauvreté ?

Contrairement aux OMD 1 à 7, les moyens définis sous l’OMD 8 ne sont pas renforcés par des objectifs et des dates d’échéances quantifiés et donc vérifiables. À New York, les gouvernements seront tenus d’établir des mesures concrétisées par des dates  limites et des objectifs clairement quantifiés et contraignants, mais aussi pourvues de mécanismes de veille performants. Pour apporter un changement réel, il faudra cesser de considérer la coopération au développement comme un secteur technique isolé. Tant que nous ne nous dirigeons pas vers un système international de commerce et de finance qui traite chaque partie impliquée comme  un véritable partenaire à part égale, chaque cent investi dans la coopération au développement ne sera qu’une goutte d’eau dans la mer.

Benjamin Toussaint, « Plaidons Responsable » – Caritas Luxembourg

 

« Plaidons Responsable »

La réduction de l’extrême pauvreté est considérée  comme l’objectif principal de la campagne du Millénaire pour le développement élaborée  au sein des Nations Unies. Le huitième  Objectif du Millénaire pour le développement rappelle que la lutte contre la pauvreté est directement liée à la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement, qui n’aura lieu que si les Etats et les populations riches font face à leurs responsabilités envers les pays pauvres.

C’est pourquoi, afin de renforcer la lutte contre la misère sur le terrain, Caritas Luxembourg cherche à sensibiliser quant aux causes structurelles de la pauvreté et aux rapports de force. Caritas promeut la mise en pratique d’un réel partenariat mondial pour le développement basé sur des principes environnementaux, économiques et de justice sociale. Ce travail de sensibilisation et de plaidoyer est mené dans le cadre du programme « plaidons responsable » partie intégrante de la coopération internationale de Caritas.

L’objectif consiste à motiver les différents acteurs de la société luxembourgeoise à analyser, à  comprendre et à assumer leurs responsabilités  par rapport aux causes et aux conséquences  structurelles de l’injustice sociale et de la pauvreté dans le monde.

Ce plaidoyer se décline selon les trois axes d’action suivantes :

•  Sensibiliser le grand public quant aux Objectifs du Millénaire pour le Développement à travers l’organisation de conférences, séminaires, manifestations culturelles et formations; le  développement de modules d’éducation au développement dans les écoles; le lancement de  campagnes médiatiques.

•  Plaider pour une politique cohérente en matière de développement durable et responsable  auprès des décideurs luxembourgeois et européens.

•  Mettre en place des réseaux entre les différents partenaires de la société civile  luxembourgeoise et internationale du Nord et du Sud afin de faire entendre la voix des plus  démunis et d’avancer ensemble vers un monde plus juste. Renforcement de la société civile du ‘Sud’.

Renforcement de la Société civile du Sud:

Caritas Luxembourg promeut la participation politique des femmes.

Le partenariat mondial pour le développement, tel qu’il figure dans les Objectifs du Millénaire pour le développement vise en premier lieu les Etats. Mais, dans le contexte mondialisé du 21ème siècle nous avons tous nos responsabilités à assumer. Des  communautés d’intérêts, à vocation économique ou sociale, peuvent exercer une forte influence sur les décisions politiques. Cela vaut autant pour les pays en développement que pour les pays industrialisés.

C’est pourquoi sur le terrain les projets de Caritas Luxembourg vont généralement au-delà d’un simple assistanat des pauvres dans des situations de détresse, mais ont aussi pour objectif de renforcer la société civile sur place. Des organisations de la société civile peuvent pousser leurs gouvernements et pouvoirs locaux à prendre les bonnes décisions et faciliter leur mise en œuvre. Dans cet esprit, Caritas coopère avec des groupements défavorisés en leur offrant la possibilité de développer les connaissances et compétences nécessaires afin de faire valoir leurs droits légitimes qui leur permettent de vivre en dignité.

En Inde, dans l’Etat de Andhra Pradesh, Caritas  Luxembourg promeut la participation politique des femmes. Dans une première étape le soutien de Caritas a permis aux femmes de se regrouper et de suivre des formations, afin qu’elles puissent se  familiariser avec les procédures juridiques et administratives du pays. Ces connaissances acquises leur servent à pouvoir réclamer auprès du gouvernement les droits qui leurs reviennent.

Dans une deuxième étape est accentuée l’organisation des groupes locaux en réseau plus étendu, qui servira à renforcer leur impact politique. Sont également mis en avant la formation d’agents multiplicateurs capables à leur tour de transmettre les connaissances évoquées. Pour garantir la durabilité du projet, un système économique local qui génère des fonds propres dédiés explicitement au maintien et à la consolidation du réseau est établi. Aujourd’hui environ 10 000 familles bénéficient du réseau et du progrès économique dont il est accompagné. De plus en plus également les groupes prennent l’initiative de s’engager de manière indépendante dans des négociations avec des agents du gouvernement.

Benjamin Toussaint, « Plaidons Responsable » – Caritas Luxembourg

http://www.caritas.lu

Faites un don : CCPL IBAN LU34 1111 0000 2020 0000

Le 28 octobre, Caritas Luxembourg présentera  le film « Bamako », une comédie surprenante d’Abderrahmane Sissako, traitant un sujet si sérieux que le destin de l’Afrique. Cinéma Utopia, 28/10/2010 à 19h00

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