OMD n°4: REDUIRE LA MORTALITE INFANTILE

Article paru le 14 septembre 2010 dans le Luxemburger Wort

Réduire la mortalité des moins de cinq ans, des résultats encore peu encourageants

Le 20 novembre 2009, la communauté internationale célébrait le 20ème  anniversaire de  la Convention relative aux Droits de l’Enfant. Ce document définit les normes universelles de soins, de traitement et de protection qu’il convient d’appliquer à tous les enfants. La Convention, avec 193 Etats parties, est le traité relatif aux droits de l’homme qui a été le plus largement ratifié de toute notre histoire. Au cours des dernières décennies, la Convention a transformé la perception que l’on a des enfants et la manière de les traiter. Elle a été à l’origine de progrès marqués en terme de survie, développement, protection et participation partout dans le monde.

Malgré les nombreux défis à relever pour que le respect des droits de l’enfant devienne réalité, la Convention offre la vision d’un monde dans lequel tous les enfants survivent et s’épanouissent, sont protégés, encouragés à participer aux prises de  décision qui les concernent. Cette vision prône un monde de paix, tolérance, équité, respect des droits de l’homme, bref un monde digne des enfants. Les quarte principes de base de la Convention – non discrimination, intérêt supérieur de l’enfant, droit à la vie, à la survie et au développement, et respect de l’opinion de l’enfant – doivent guider l’action pour toute question relative à l’enfant. C’est dans ce sens qu’a été créé le 4ème

Objectif du Millénaire pour le Développement : réduire le taux de mortalité des moins de cinq ans.

De tous les OMD, les trois OMD de santé sont ceux  qui sont le plus sérieusement en retard. Alors que l’objectif à l’horizon 2015 était de  réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, 8,8 millions de jeunes enfants sont morts en 2008 de causes largement évitables ou faciles à traiter.

Ces statistiques varient bien entendu d’un pays à l’autre, mais également entre les enfants d’un même pays : on estime par exemple que la mortalité infantile est 1,9 fois plus élevée chez les pauvres que chez les riches.

Les causes de la mortalité des moins de cinq ans sont diverses, largement maîtrisables, à condition que les pays disposent  de moyens suffisants et d’une volonté politique à sauver leurs  enfants. Le piètre fonctionnement, voire l’absence totale, des systèmes  de santé dans de nombreux pays et communautés pauvres, ne permet tout d’abord pas d’effectuer des interventions efficaces et équitables auprès des mères, des nouveaux nés et des enfants qui en ont besoin. La pénurie de personnel de santé, y compris d’accoucheurs spécialisés, de même que celle de vaccins ou encore de médicaments permettant de prévenir ou de traiter la diarrhée, le paludisme ou la pneumonie, est la principale cause de la mortalité des jeunes enfants dans la plupart des pays africains. Par ailleurs, dans de nombreuses régions les obstacles aux soins de santé sont nombreux : le paiement informel des médicaments décourage les plus pauvres à avoir recours à la médecine, la distance entre les foyers de résidence (notamment en milieu rural) et les centres de soins de santé est souvent trop importante  pour permettre des interventions à temps, lors d’accouchements difficiles par exemple. Nous constatons que la discrimination liée au sexe, à la caste, à l’ethnie, à la religion ou aux handicaps est encore tolérée dans de nombreuses sociétés. La sous-alimentation aggrave encore la situation des plus pauvres : la probabilité qu’un enfant meurt est presque dix fois plus grande s’il souffre d’une grave insuffisance pondérale que s’il a un poids normal pour son âge.

Enfin, la pénurie d’eau potable et de services d’assainissement peuvent provoquer des maladies comme la diarrhée, qui en l’absence de soins adéquats sur un organisme déjà affaibli, conduit à la mort un enfant qui aurait pu être sauvé avec peu de moyens.

De nombreux efforts devront être fournis par les pays, mais également par toute la communauté internationale pour parvenir à diminuer le fléau de la mortalité des moins de cinq ans. Par ailleurs, réduire la mortalité infantile est un premier pas. Les étapes suivantes sont la protection et la sécurité, l’accès à l’éducation, les possibilités d’emploi et les perspectives de citoyenneté. La route est longue pour parvenir au monde idéal prôné par la Convention des droits de l’Enfant…

Magali Getrey, PADEM asbl

Article paru dans le Luxemburger Wort le 14 septembre 2010

L’Inde, une mortalité infantile féminine inquiétante

Selon des sources indiennes, la mortalité des moins de 5 ans a chuté au niveau national de 117 pour 1000 naissances vivantes en 1990 à 72 en 2007. En dépit de ce net progrès, la réalisation des droits de l’enfant en Inde se heurte toujours à de nombreuses difficultés. En partie à cause de son immensité, l’Inde a en termes absolus un plus grand nombre d’enfants privés de leurs droits que n’importe quel autre pays : chaque année, 1 million de nouveaux – nés meurent au cours du premier mois de leur vie, un million d’autres meurent entre 29 jours et 5 ans après leur naissance, près de 55 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale pour leur âge, et plus de 20 millions d’enfants en âge d’être scolarisés, ne le sont pas. La  discrimination est grande entre  les filles et les garçons : d’une part, le taux de mortalité infantile des filles est très largement supérieur à celui des garçons (en milieu rural, il est fréquent encore qu’un bébé fille soit assassiné à la naissance, tandis qu’en ville, les échographies et moyens modernes pour connaître le sexe des enfants conduisent à des avortements de foetus filles, ce qui a pour conséquence une sur-masculinité inquiétante des naissances) et d’autre part les garçons sont encore trop souvent privilégiés au détriment des filles pour l’accès à l’éducation, et ce dès leur plus jeune âge.
Le travail des jeunes enfants est également un phénomène inquiétant dans ce pays. Pour tenter de combattre ces différentes calamités, PADEM a mis en place plusieurs programmes d’éducation des filles en
milieu rural, soutient l’orphelinat de Saikripa à Noida qui accueille plus de 60 enfants abandonnés (soins de
santé, soins dentaires), vient d’achever un immense programme d’accès à l’eau dans le désert du Thar à destination de plus de 6000 personnes, et organise des sessions de formation professionnelle à destination de jeunes mères veuves ou démunies dans le Rajasthan et près de Delhi.

Haïti, 8 mois après le séisme et toujours pas de reconstruction en vue…

Le taux de mortalité infantile en Haïti est le plus élevé du continent américain. Environ 15% des enfants meurent avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans, la plupart des suites d’une maladie infectieuse. La pneumonie streptococcique et le tétanos infantile, par exemple, sévissaient déjà avant le séisme et la poussière soulevée par les opérations de secours et les  travaux de reconstruction les rendront d’autant plus problématiques. Les nouveaux nés et les jeunes enfants doivent pouvoir avoir accès aux antibiotiques pour que soient traitées ces pathologies. En Haïti, cette poussière contient un autre agent meurtrier : la maladie du charbon. Seule la moitié de la population est immunisée contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche et le tétanos. Or, aujourd’hui encore,  plus de 1,8 millions de personnes, dont plus de la moitié sont des enfants,  s’entassent dans des camps de fortune, dans et aux abords des agglomérations de Port au Prince, Carrefour, Léogane, Jacmel. Le paludisme est endémique en Haïti et d’autres maladies transmises par les moustiques, comme la dengue, sont également répandues.

Avec les nombreuses destructions suite au séisme, et  la lenteur inouïe, voire l’inexistence inquiétante, des travaux de reconstruction, des millions de personnes dorment à la belle étoile, à la merci des piqûres de moustiques et d’insectes. Les enfants affaiblis par le manque de nourriture, sont particulièrement  vulnérables. 5% de la population haïtienne est séropositive, le SIDA étant fréquemment associé à la tuberculose dans ce pays. Or, les systèmes de santé ont été anéantis par le séisme et les camps de réfugiés ne cessent de se remplir ce qui rend des millions de personnes extrêmement vulnérables aux épidémies.
Dans ce contexte, PADEM cherche à mettre en place rapidement des mesures efficaces pour reloger durablement des milliers de sinistrés, améliorer la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables et plus particulièrement des enfants, augmenter les revenus des mères, permettre une éducation aux enfants, et lutter contre certaines des causes de la pauvreté chronique d’Haïti que sont l’exode rural et la déforestation.
Le 14 octobre, PADEM asbl présentera le documentaire « Slum Survivors », qui raconte certaines histoires de vies dans le bidonville de Kibera au Kenya (VO anglais et  Kiswahili st anglais). Cinéma Utopia,
14/10/10  à 19h00.

Magali Getrey, PADEM asbl – Programmes d’Aide et de Développement destinés aux Enfants du Monde
http://www.padem.org
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